Crise financière

Faillite de Lemhan Brothers, vente de Merrill Lynch et difficulté de l’assureur AIG, c’est la crise financière qui fait la une des journaux ce mardi. Les éditions papiers de Libération et du Figaro titrent respectivement « La purge » et « Mobilisation des banques mondiales pour éviter un tsunami financier ». Toujours dans le Figaro, l’ancien président de la FED (la banque centrale des États-Unis) Alan Greenspan déclare que la crise actuelle est un «événement qui se produit une fois tous les cinquante ans, probablement une fois par siècle». Dans le Nouvel Observateur, la ministre de l’Économie Christine Lagarde assure que les répercussions de la crise seront limitées sur les banques françaises. L’optimisme est beaucoup moins de mise dans le New York Times qui rappelle que Wall Street a accusé sa plus forte perte depuis 2001 et annonce une réunion de la FED ce mardi. The Times of India nous apprend quand à lui que la crise touche également les marché asiatiques.

Le Globe and Mail voit pour sa part dans cette crise un danger pour le candidat républicain à la maison blanche John Mac Cain qui pourrait le faire « dérailler ». Continuons sur la campagne présidentielle aux USA avec Sarah Palin qui ne coopérera pas avec l’enquête parlementaire qui la vise nous dit La Libre Belgique. L’international Herald Tribune nous livre quant à lui les positions respectives de McCain et d’Obama sur la politique scientifique des États-Unis. Le Monde enfin nous apprend la création par les démocrates d’une McCainpedia censée dénoncée les mensonges du candidat républicain et basée sur le modèle de l’encyclopédie Wikipédia.

Il n’y a pas qu’aux États-Unis que l’on votera cette année. Le 14 octobre prochain aura lieu l’élection fédérale canadienne. Le quotidien Le Devoir nous apprend que, tout comme chez leur voisin américain, le vote des groupes religieux est très convoité par les candidats. Un candidat du Parti Conservateur courtiserait ainsi les pentecôtistes dans la région de Québec.

Ségolène Royal

En France, ce sont les élections sénatoriales qui auront lieu dimanche et d’après Libération « Chirac s’invite dans la course au Sénat ». L’ancien Président de la République ne brigue pas un siège mais essaierai d’appuyer la candidature de son ami Jean-Pierre Raffarin au poste de président du Sénat.
Candidate, elle ne le sera sans doute pas. Distancée dans les sondages, Ségolène Royal « n’a plus la tête à prendre le PS » pour Libération et met donc « sa candidature entre parenthèse » pour Le Figaro.
Politique toujours dans Libération avec les les divisions à l’UMP concernant le RSA. Les députés de la majorité multiplient les contre-propositions sur son financement. La fin de la carte scolaire aurait creusé le fossé entre les établissements: c’est ce que nous apprend une interview de la sociologue spécialiste des questions d’éducation Agnès Van Zanten également dans Libé.

Au Zinbabwe, la poignée entre Mugabe et Tsvangirai est historique nous dit The Independant. Le chef de l’État, réélu en juin dernier suite à un vote tronqué partagera désormais le pouvoir avec l’opposition.
En Bolivie, les leaders sud-américains ont apporté leur appui unanime au gouvernement d’Evo Morales lors d’une réunion à Santiago du Chili. D’après El Pais, une commission sera créée pour enqueter sur les événements de la résion de Pando.
De plus en plus de paysans se laissent tenter par la culture du safran en Afghanistan, plus rentable que celle de l’opium, c’est ce que nous apprend le Spiegel Online.

Pour terminer sur une bonne nouvelle, Le Monde nous signale que Dailymotion vient de signer un accord avec les ayants droits de l’humoriste Pierre Desproges pour diffuser ses meilleurs sketches.

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(Première parution le mardi 25 septembre 2007).

Jeudi dernier, Caroline Fourest,sociologue et journaliste, signait une tribune remarquable dans Libération. La voici retranscrite:


J’ai voté Ségolène Royal. Moins par adhésion que pour faire barrage au projet de société de Nicolas Sarkozy. Pendant toute cette période, j’ai du taire mes agacements de féministe radicale face à son féminisme électoraliste: « Votez pour moi parce que je suis une femme…, Je saurai gouverner parce que je suis une bonne mère. » Sans parler des envolées lyriques façon « Aimez-vous les uns les autres » ou de sa sortie grotesque sur les femmes policières – qu’il faudrait raccompagner, pauvres choses, après leur service. Mais l’heure n’est plus à l’union sacrée. En tout cas pas avant une bonne dose d’autocritique. D’où la floraison d’ouvrages analysant les raisons de la défaite et donc critiquant, ici ou là, le style Royal. Que répond celle qui aspire à demeurer l’une des leaders de la gauche socialiste? « Sexisme! » Une fois encore.
Elle aurait pu choisir la contre-attaque féroce, devancer la critique ou la relever sur le mode ironique. Elle aurait pu, par exemple, trouver comique de se voir donner des leçons sur le mode « Comment la gauche aurait pu gagner » de la part de… Lionel Jospin. Mais non,
il a fallu qu’elle en rajoute sur le mode de la femme victime. « Si j’étais Jeanne D’Arc, on m’aurait brûlée! ». Et voilà le féminisme une fois de plus malmené, dénaturé, instrumentalisé pour esquiver des coups pourtant bien légitimes.
A force, Ségolène Royal va finir par ajouter une nouvelle catégorie, le féminisme victimaire, à la longue liste de déclinaisons que le féminisme comporte déjà. Pour n’en citer que quelques-uns… Le « féminisme radical » souhaite déconstruire l’incitation sociale au masculin et au féminin pour obtenir une égalité dans le droit à l’indifférence, voire le droit à l’indifférenciation. Le « féminisme lutte des classes » fait du combat pour les droits des femmes une sous-catégorie de la lutte des classes. Le « féminisme différentialiste » prône la mise en valeur du féminin en insistant sur ses vertus naturelles et sur la complémentarité avec le masculin.
Soyons juste,
le féminisme victimaire de Ségolène Royal n’est ni si réactionnaire ni si novateur. Il incarne surtout une sous-catégorie malheureuse du féminisme paritaire. Le dommage collatéral attendu et craint d’une avancée stratégique indéniable, la parité; mais qui entre les mains de femmes politiques plus tacticiennes que théoriciennes, a débouché sur la tentation de vouloir valoriser l’apport des femmes à la politique comme étant une vertu en soi et non une étape nécessaire pour appliquer l’un des plus beaux principes de notre République: l’égalité. Bien sur, la frontière entre posture victimaire et égalitaire est toujours difficile à distinguer. Et il y a eu, pendant cette campagne, des attaques que Ségolène Royal n’aurait pas essuyées si elle avait été un homme. Mais raison de plus pour ne pas dégainer la carte du sexisme lorsque des critiques s’adressent enfin à la femme politique et non plus seulement à la femme.
Caroline Fourest, Libération du jeudi 20 septembre 2007.

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(Première parution le vendredi 21 septembre 2007).

Le 24 septembre prochain sortira chez Flammarion « L’impasse » de Lionel Jospin. Les bonnes feuilles de ce livre sont déjà sorties dans la presse, et le moins que l’on puisse dire est que l’ancien Premier ministre ne ménage pas l’ancienne candidate PS à la présidentielle..
Pour commencer, évacuons tout de suite la polémique sur la légitimité de Jospin à critiquer la campagne de Royal. Pour moi, un homme qui a été cinq ans Premier ministre, neuf ans premier secrétaire du PS et deux fois candidat à l’élection présidentielle, quand bien même il n’a jamais été élu, est légitime pour analyser la campagne de la candidate de son parti, sinon pas grand monde ne l’est.
Contrairement au torchon anti-Royal commis par Claude Allègre, il signe ici une critique politique le la campagne de la candidate socialiste. Il critique la mise à l’écart du PS par Royal durant la campagne, le discours anti-experts de cette dernière, « leitmotiv [appartenant] d’habitude à l’extrême droite ou aux mouvements populistes ». Il pointe aussi du doigt les jurys citoyens, version « démagogique » de la démocratie participative, la proposition de la candidate de supprimer la carte scolaire ou sa vision de la sécurité. Il souligne toutefois le « courage » et « l’aplomb » de Royal durant la campagne.
Coté petites phrases, Jospin estime que Ségolène Royal est « une personnalité [qui] n’a pas les qualités humaines ni les capacités politiques » nécessaires pour remettre le parti socialiste en ordre de marche et « espérer gagner la prochaine présidentielle ». Il poursuit en décrivant Royal comme « une candidate qui était la moins capable de gagner » et « une illusion qui ne doit pas se prolonger ». Il lance enfin un appel aux militants socialistes en les prévenant qu’ »avoir commis une erreur [en désignant Royal] ne justifie pas qu’on la réitère ». Errare humanum est, perseverare diabolicum, c’est sans doute ce qu’il faut retenir de ce livre.
La réponse de Royal ne s’est pas fait attendre: « Je crois malheureusement qu’il y a – c’est peut être inconscient – dans toutes ces attaques, du sexisme [...], je pense que cela s’apparente au racisme [...]. Je me demande pourquoi tant de violence, pourquoi tant de violence, pourquoi tant de haine, presque? Ce qui me vient à l’esprit c’est cette parole de la Bible: « Pardonnez-leur, parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font ». Donc je pardonne à tous ceux qui m’agressent, parce que d’abord je pense qu’ils me font moins de mal à moi qu’aux socialistes, qu’à toute la gauche [..]. J’ai l’impression en lisant ces ouvrages que si j’étais Jeanne d’Arc, j’aurais été brûlée vive. »
Réaction qui semble donner raison aux attaques de Jospin car Royal est encore une fois incapable de répondre sur le plan politique à des critiques politiques. Au lieu de cela elle nous ressert (encore!) le cliché de la pauvre petite Ségolène, décidément incomprise par tous ses collègues misogynes. Pathétique… Car autant l’accusation de sexisme était juste avec Fabius qui demandait qui allait garder les enfants, autant avec Jospin qui est sans doute l’homme politique qui a fait le plus pour la promotion des femmes en politique, elle est un peu déplacée.
Le but du livre de Jospin est assez clair: empêcher Royal de prendre les rennes du PS lors du congrès de 2008. Des premiers secrétaires possibles il y en a foison au PS. Espérons que leurs candidatures seront étudiées attentivement par les militants et que ces derniers ne se laisseront pas griser, encore une fois, par les sondages d’opinion.