La course au poste de premier secrétaire du PS occupe une belle place dans nos quotidiens ce jeudi. Pour Libération, « Martine Aubry veut remettre le PS au travail collectif ». En visite à Strasbourg hier, l’ancienne numéro 2 du gouvernement Jospin à dit préféré « la chaleur au frigidaire », lançant ainsi une pique à Ségolène Royal nous rapporte Le Figaro. Pas encore d’officialisation de sa candidature au poste de première secrétaire du PS, la maire de Lille devrait prendre sa décision au tout dernier moment.
A droite, « l’UMP veut déréglementer le secteur des médias » nous apprend Le Monde. « Nicolas Sarkozy prépare la révolution des médias » titre dans le même esprit Le Point qui publie le rapport Giazzi, inspirateur des réformes à venir. Parmi les mesures envisagées: l’ouverture de capital de l’Agence France Presse.
Politique encore avec le « Feu vert du gouvernement au chantier du redécoupage de la carte électorale » dans Le Nouvel Observateur. Le dernier découpage Pasqua datait de 1987 et il était donc grand temps d’en faire un nouveau en tenant compte des évolutions démographiques. Mais « La gauche craint un charcutage » nous dit le Figaro. Elle peut en effet avoir quelques inquiétudes puisque c’est le secrétaire d’État à l’intérieur Alain Marleix, fin connaisseur de la carte électorale mais également secrétaire national de l’UMP aux élections, qui maniera les ciseaux.
Le titre majeur de la presse ce jeudi est encore bien évidemment la crise financière mondiale. « Allô l’État bobo… » titre l’édition papier de Libération après le prêt accorder par la Fed à l’assureur AIG. « L’Europe n’aurait pas aidé AIG », nous assure le journal, du fait de règles communautaires. « Nouvelle déroute à Wall Street » titre Le Figaro, l’accalmie n’aura été que de courte durée. Le journal belge Le Soir titre lui sur la descente aux enfer des bourses asiatiques. Fait confirmé par le Japan Times qui nous apprend que la crise pourrait coûter 255 milliards de Yen aux banques et assureurs nippons.
« Obama et McCain rivalisent de populisme » dans la campagne américaine: c’est le constat d’El Pais après les déclaration des deux candidats concernant la crise financière. El Mundo nous apprend pour sa part que des hackers ont réussi à accéder à la boîte mail de Sarah Palin.
En Israël, Tzipi Livni élue à la tête du parti Kadima de justesse veut former au plus vite un nouveau gouvernement nous dit La Libre Belgique.
Les canadiens de Cyberpresse nous apprennent quant à eux que la popularité des conservateurs est au plus haut depuis Thatcher en Grande Bretagne. Avec la crise financière, le défi est donc grand pour Gordon Brown qui pour se sauver devra aussi sauver HBOS nous dit le Times Online.
Après l’instauration d’une franchise médicale déjà très controversée, Roselyne Bachelot, ministre de la santé, a lancé le débat sur le dé-remboursement des frais d’optiques par la Sécu. Gaffe ministérielle? Ballon d’essai pour tester l’opinion sur le sujet? Difficile à dire.
Étonnant en tout cas quand on met en parallèle les promesses de campagne du candidat Sarkozy que nous rappellent @rrêt sur images ou Le Post. Répondant a la question d’une spectatrice dans l’émission de TF1 « J’ai une question à vous poser », le futur Président propose « qu’on porte les remboursements de la Sécu « jusqu’à 50 % », contre « 30 % » (on se demande d’ailleurs d’où viennent ces 30% dont il parle) en l’état actuel, tout en proposant une chasse aux fraudes et « excès ».
Comme je le disais dans mon précédent article, le député communiste André Chassaigne a proposé un amendement lors de l’examen de la loi sur les OGM à l’assemblée nationale qui stipule que les OGM « ne peuvent être cultivés, commercialisés ou utilisés que dans le respect de l’environnement et de la santé publique, des structures agricoles, des écosystèmes locaux et des filières commerciales qualifiées « sans organisme génétiquement modifié »». Cet amendement 252, voté grâce au ralliement de quelques députés de la majorité, est d’ailleurs la source du coup de gueule de Nathalie Kosciusko-Morizet envers Jean-François Copé et Jean-Louis Borloo.
Mais comme je le signalais également, cet amendement a toutes les chances de disparaître lors de l’examen du texte en seconde lecture. La gauche a donc décidé de défendre cet amendement en créant le « Comité 252″ (qui a son blog) et invite les citoyens à signer une pétition demandant « solennellement au gouvernement de s’engager à respecter le vote du Parlement et de s’opposer à toute tentative de suppression de l’amendement 252 jusqu’à l’adoption définitive de la loi ».
Les députés ont achevé la nuit dernière l’examen en première lecture du projet de loi sur les OGM. Le sénat, qui avait voté le texte en première lecture le 8 février, l’examinera en seconde lecture à partir du 16 avril. Le moins que l’on puisse dire est que l’étude de ce projet de loi n’aura pas été des plus sereins. Aujourd’hui dans le monde, la secrétaire d’État à l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet a en effet déclaré « Il y a un concours de lâcheté et d’inélégance entre Jean-François Copé, qui essaie de détourner l’attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe, et Jean-Louis Borloo, qui se contente d’assurer le minimum ». Ambiance… Le premier ministre François Fillon n’a pas tardé à demander des excuses publiques à sa secrétaire d’État qui s’est exécutée rapidement en précisant que « Les propos qu’on [lui] prête aujourd’hui dans le journal Le Monde ont été déformés ». Les méchants journalistes qui passent leur temps à déformer les propos des politiques, l’excuse est tellement habituelle qu’elle en devient peu crédible.
Le « coup de gueule » de la secrétaire d’État fait suite aux critiques de Jean-François Copé sur l’adoption par l’assemblée de l’amendement 252 défendu par le député communiste du Puy-de-Dôme André Chassaigne et limitant les zones où pourront être plantés des OGM. Amendement identique à celui présenté auparavant par Louis Giscard-d’Estaing (UMP) sur lequel la secrétaire d’État s’était remis à la sagesse de l’assemblée (l’amendement avait été retiré par le député UMP sous la pression du rapporteur de la loi, Antoine Herth). Coppé avait donc estimé que « Lorsqu’un gouvernement s’en remet à la sagesse de l’Assemblée sur un amendement venant de la gauche, ça veut dire qu’en réalité il l’approuve ». Le président du groupe UMP ne semble pas goûté la liberté de vote qui s’est exprimée à ce sujet au sein de son groupe parlementaire.
Et pourtant, l’amendement Chassaigne (qui sera sans doute supprimé lors de l’étude du texte en seconde lecture) n’était qu’un petit grain de sable dans un texte largement Pro-OGM. Le grenelle de l’environnement qui consacrait le « droit de produire et de consommer sans OGM » semble aujourd’hui loin. La loi donne en effet le « droit de produire et de consommer avec ou sans OGM ». Petite nuance dans les mots, grande nuance dans les faits attendus. La coexistence des cultures OGM et traditionnelles n’étant en effet pas possible. Lorsqu’un agriculteur cultive des OGM, les semences ne restent pas cantonnées dans son champ et la contamination des éventuelles cultures traditionnelles voisines est inévitable. Réalité que reconnaît implicitement la loi puisqu’elle prévoit un fond d’indemnisation pour les agriculteurs victimes de contamination qui serait abondé par les cultivateurs d’OGM.
Le plus inquiétant dans cette loi est que les questions essentielles comme celle de la légitimité de la brevétisation du vivant ou de la réversibilité de la culture des OGM, n’ont pas été posées. Sous couvert de transposer une directive européenne, la majorité semble donc avoir choisi de laisser le « champ » libre aux semenciers producteurs d’OGM.
Personnellement, je suis tout à fait favorable à la recherche sur les OGM en milieu confiné tout comme à la culture d’OGM à vertu thérapeutique également en milieu confiné. Je comprends par contre mal quel besoin le législateur a de promouvoir une technique qui fait courir des risques aux consommateurs et à l’environnement sans qu’aucun bénéfice, sinon pour le producteur, n’en soit attendu.
Pour aller plus loin, je vous conseille de lire le rapport très Pro-OGM du député Antoine Herth, rapporteur de la loi à l’assemblée et pour contre-balancer, le documentaire très anti-OGM de Marie-Monique Robin « Le Monde selon Monsanto » disponible en téléchargement payant sur le site d’ARTE et qui sera rediffusé sur la TNT le samedi 19 avril à 9h45.
La stratégie de Nicolas Sarkozy consistant à créer un secrétariat d’État à la famille pour satisfaire l’aile catholique de l’UMP mais d’y placer Nadine Morano, connue pour ses positions ouvertes sur l’exception d’euthanasie et l’homoparentalité pour ne pas effrayer ses supporters progressistes paraissait plutôt habile. Mais le Président de la République, en voulant contenter tout le monde, risque de ne contenter personne. La présidente du CNI, parti fondateur et associé de l’UMP, Annick du Roscoät, a en effet rendu public un communiqué dans lequel elle considère que « la création d’un secrétariat d’État à la famille [est] une réponse positive à [sa] demande formulée dans [sa] lettre ouverte au Président de la République du 4 mars, mais nommer à ce poste celle qui incarne sa destruction est stupéfiant ».
Et les progressistes risquent également d’y être pour leur frais. Car même si on peut penser que les prises de positions de Mme Morano sur les questions de société sont sincères, ses marges de manœuvre, dans un gouvernement qui ne brille pas particulièrement par son ouverture sur ces questions, risquent d’être réduites.
Dans tous les cas, Nicolas Sarkozy se coupe encore un peu plus de son électorat de droite-extrême et d’extrême-droite dont l’adhésion à son programme avait largement contribué à son succès lors de la dernière présidentielle.












