Suite à l’annulation par le tribunal administratif de Besançon du refus du Président du Conseil Général du Jura de délivrer un agrément à Emmanuelle B., homosexuelle se battant depuis 10 ans pour adopter, l’émission C’est dans l’air d’Yves Calvi décidait le 12 novembre dernier de consacrer un plateau au thème « L’homo et l’enfant ».
Invités à ce débat sur l’homoparentalité: l’avocate Caroline Mecary, le psychiatre et psychanalyste Serge Hefez, le co-président de l’association des Parents Gays et Lesbiens Franck Tanguy et … le député du Nord Christian Vanneste. En invitant ce dernier, l’équipe d’Yves Calvi a sans doute voulu assurer le spectacle, elle n’a certainement pas été déçue tant l’homme a fait montre de son homophobie crasse. Au niveau de l’image, Vanneste a assez bien réussi son coup: en infériorité numérique sur le plateau il a pris bien soin de se victimiser et, étayant son propos de références à des études et ouvrages, il a tenté de se parer de la légitimité scientifique. Face à lui Mecary et Tanguy ont été relativement transparents (peut-être lassés de devoir avoir en face d’eux des caricatures telles Vanneste quand un débat se tient), seul le psychiatre Serge Hefez a réussi à développer un raisonnement contrecarrant les idées du député UMP. Raisonnement immédiatement attaqué par Vanneste qui, comme le montre la vidéo ci-dessous, essaye de délégitimer la parole du psychiatre en lui opposant une étude espagnole et un ouvrage paru dans la prestigieuse collection des Presses Universitaires de France Que sais-je?
Intéressons nous donc à ces deux ouvrages. L’étude espagnole « No es igual« ( »Ce n’est pas pareil« ) à laquelle fait référence Vanneste est en fait une compilation critique de textes pris hors contexte. Aucun terrain n’a été effectué par ses auteurs qui n’ont donc rencontré aucun parent gay ou lesbien ni aucun enfant. Ce document a en fait été réalisé par un cyber-lobby pro-life, Haztzeoir.com. On retrouve parmi ses auteurs des proches des Légionnaires du Christ et l’auteur du préambule de l’étude, Aquilo Polaino, est un ardent défenseur de la réorientation sexuelle pour les gays. Niveau crédibilité, on a fait mieux.
Passons maintenant au Que sais-je? sur l’homosexualité que nous recommande si chaudement Vanneste. Tout d’abord, l’ouvrage n’est pas tout récent puisque sa première édition date de 1982. Ensuite, son auteur est Jacques Corraze. Sympathisant notoire du Front National, Corraze avait participé en 2004 à une conférence organisée par deux figures du parti d’extrême droite -le maire Front National d’Orange Jacques Bompard et le président de l’AGRIF Bernard Anthony- aux côtés entre-autres de la militante anti-avortement Jeanne Smits. Avec de telles accointances, on ne doutera donc en aucune façon de l’impartialité de Jacques Corraze dans ses écrits. On sait maintenant où Vanneste va piocher son idéologie d’un autre âge: à droite, très à droite.
Reste que dans ce genre de débat, l’accaparement de la vérité scientifique est important: « Puisque c’est écrit dans un Que sais-je? et puisque qu’une étude l’a démontré, ça doit être vrai » se dira le téléspectateur non éclairé. Vanneste, en pro des médias l’a bien compris et tant que de telles émissions de débat préférerons inviter des « bons clients » plutôt que des spécialistes de ces sujets sa démagogie pourra tranquillement prospérer.
Posté par Julien le Vendredi, 20 novembre, 2009 à 11:45 Classé dans CNI, Société, UMP ·
Fin janvier sortait dans l’indifférence générale le livre « Homme et Femme Il les créa ». Le 13 mars dernier pourtant, l’AEF, agence de presse spécialisée dans le domaine de l’éducation, sortait une dépêche selon laquelle cet ouvrage aurait été envoyé aux documentalistes de plusieurs lycées français créant ainsi une polémique.
Certains des auteurs de ce recueil de texte publié par les Éditions François-Xavier de Guibert ne sont en effet pas des inconnus. Christian Vanneste tout d’abord, député UMP-CNI de Tourcoing, battu sévèrement lors du premier tour des dernières municipales et condamné par la justice pour « injures en raison de l’orientation sexuelle » en 2006. Tony Anatrella ensuite, prêtre psychothérapeute, connu pour pour ses prises de positions sur l’homosexualité qui est selon lui « une orientation sexuelle recherchée pour elle-même, en contradiction avec l’identité sexuelle, est toujours l’expression d’un sérieux problème » et qui avait été pris dans une tourmente judiciaire en 2006 comme nous le racontait le Nouvel Observateur. A côté de ces deux têtes d’affiche on trouve également Marie Balmary, psychanalyste et « chercheuse » sans formation universitaire, Rémi Brague, professeur de philosophie médiévale à la Sorbonne et auteur, entre autre, de « L’Europe malade de la Turquie », Henri Brincard, évêque du Puy-en-Velay, soeur Marie-Pierre, Anna-Marie Libert et Marie Hendrickx.
Le résumé du livre proposé par l’éditeur laisse également songeur:
L’Ecriture proclame la dualité des sexes, et l’égale dignité de l’homme et de la femme.
Une femme, Marie, est Mère de Dieu ! Une femme, Madeleine, s’est entendu dire : » Partout où sera proclamée cette bonne nouvelle, dans le monde entier, on redira ce que cette femme vient de faire » (Mat. 26,13). Que faut-il de plus pour comprendre le dessein du Créateur ? Mais notre société a perdu ses repères. La libération de la femme n’a pas supprimé le drame des avortements. Les homosexuels revendiquent un mariage que les couples délaissent.
Ce recueil de texte a été réuni par l’ « Académie d’éducation et d’études sociales », nom pompeux choisi sans doute par soucis de respectabilité et pour laisser croire à une institution publique de recherche. Il n’en est évidemment rien. Il semblerait plutôt qu’il s’agit d’un réseau catholique dont le but est de faire du lobbyisme en faveur de la doctrine de l’église. La description des buts de l’association sur son site ne le cache d’ailleurs même pas.
Voilà donc ce qui est arrivé dans les établissement scolaires de nos enfants: un ouvrage écrit par une joyeuse bande de réactionnaires, sans aucun fondement scientifique et servant à délivrer la doctrine sociale de l’église en ce qui concerne les rapports sociaux de sexe.
Cette affaire n’est pas sans rappeler, toute proportion gardée, celle de l’ « Atlas de la création », ouvrage créationniste écrit par Adnan Oktar, envoyé à des dizaines de milliers d’exemplaires dans les écoles françaises début 2007. Elle s’en rapproche dans la méthode de diffusion employée mais aussi dans le dessein car de la même façon que l’ « Atlas de la création » s’attaquait aux théories de l’évolution, « Homme et Femme Il les créa » s’attaque aux théories des rapports de sexe/genre. Et autant il n’est pas interdit de remettre en cause des théories scientifiques, autant il faut le faire de manière scientifique et non pas dogmatique comme c’est le cas dans ces deux ouvrages.
Il n’y a rien à dire contre l’écriture de « Homme et femme Il les créa » mais la place de cet ouvrage est sur les étagères des librairies catholiques ou dans les rayons spécialisés des librairies grand public, certainement pas dans les centres de documentation des écoles publiques et laïques françaises. On peut en tout cas se féliciter de la vigilance dont ont fait preuve les documentalistes des écoles françaises.
Posté par Julien le Vendredi, 21 mars, 2008 à 8:49 Classé dans CNI, Société ·
A Lille, Martine Aubry devrait connaître une belle et large réélection dimanche. L’ancienne n°2 du gouvernement Jospin arrive en effet largement en tête du premier tour avec 46,02% des voix. Sébastien Huyghe pour l’UMP, qui l’avait battue aux législatives de 2002 mais dans une circonscription « hors les murs », ne recueille quant à lui que 21,64% des voix. L’affichage de Brigitte Mauroy, nièce de l’ancien maire, en numéro deux de sa liste ne l’aura semble-t-il pas beaucoup aidé. Suivent les listes d’Éric Quiquet pour les Verts à 11,58% et de Jacques Richir pour le MoDem à 7,79%. Toutes deux fusionneront avec celle de Martine Aubry pour le second tour. Éric Dillies pour le Front National est pour sa part à 5,61%, Jan Pauwels pour la LCR à 3,95%, Nicolas Baudrin pour Lutte Ouvrière à 2,32% et le Divers Gauche Étienne Forest 1,09%. La défaite sera sans doute sévère dimanche soir pour Sébastien Huyghe.
A Roubaix, le maire sortant socialiste René Vandierendonck devrait facilement conserver son siège. Il arrive en tête du premier tour avec 48,06% des voix, loin devant son adversaire UMP Max-André Pick à 19,01%. Les Verts de Slimane Tir réalisent un bon score à 13,67% et se maintiendront au second tour. Guy Cannie pour le Front National ne pourra pas se maintenir avec 8,94%. La liste de la LCR de Yann Merlevede pointe à 5,37%, celle du MNR de Luc Van Engelandt à 2,82% et celle de la gauche alternative menée par Rachid Rizoug est à 2,14%.
A Tourcoing, Michel-François Delannoy conserve brillamment son siège au premier tour avec 53,58%. Le député UMP-CNI Christian Vanneste, condamné en 2006 pour « injures en raison de l’orientation sexuelle » mais investit tout de même par l’UMP, sans doute en raison de la nature stratégique de Tourcoing dans la prise de la communauté urbaine de Lille, subit une lourde défaite en ne recueillant que 30,71% des voix. Michel Van-Tichelen pour le MoDem à 8,46% et Christian Baeckeroot pour le Front National à 7,26% seront tous deux présents au conseil municipal.
A Dunkerque, le maire sortant socialiste Michel Delebarre est facilement réélu dès le premier tour avec 57,54% des voix. Jacqueline Gabant pour l’UMP est loin derrière avec seulement 18,63% des suffrages. Philippe Emery pour le Front National à 11,01%, Pierre Yana pour le MoDem à 7,72% et Jacques Volant pour Lutte Ouvrière à 5,10% seront eux aussi représenté au conseil municipal.
A Villeneuve-d’Ascq, le Divers Gauche Gérard Caudron semble en passe de ravir son siège au maire socialiste sortant. Caudron arrive en effet en tête du premier tour avec 42,82% des voix, loin devant le socialiste Jean-Michel Stievenard à 27,01%. Didier Plancke pour l’UMP est relégué en troisième position avec 10,74% des suffrages et se maintiendra au second tour. Christian Carnois pour le MoDem est à 9,41%, Florence Lecocq pour les Verts à 5,98% et Marc Delgrange pour le Parti Communiste à 4,04%.
A Douai, la maire sortant UMP Jacques Vernier rate l’élection au premier tour pour quelques voix mais ne devrait pas avoir de problème pour se faire réélire dimanche. Il arrive en tête avec 49,75% des voix avec une bonne avec une bonne avance sur son adversaire socialiste Frédéric Chereau qui pointe à 33,40%. Le candidat MoDem Franz Quatreboeufs est à 8,80%, juste devant le Divers Droite Léopold Pons à 8,04%.
A Wattrelos, le maire sortant socialiste Dominique Baert est largement réélu au premier tour avec 68,73% des suffrages. Les listes UMP de Marc Florin à 11,39% et Front National de Sylvie Langlois à 7,77% seront représentées au conseil municipal. Pas d’élus par contre pour le nouveau centre Jean-François Buyck à 3,67%, Pierre Longlet pour Lutte Ouvrière à 3,22%, le sans étiquette Nordine Bellal à 2,99% et Marc Dubrul pour le Parti des Travailleurs à 2,24%.
A Valenciennes, la liste UMP du maire sortant, sur laquelle figuraient Valérie Létard et Jean-Louis Borloo, remporte 55,54% des voix dès le premier tour. Le socialiste Jean-Luc Chagnon doit se contenter de 18,29% des voix en étant talonné par le communiste Jean-Claude Dulieu à 16,57. Les listes Front National de Dominique Slabolepszy à 4,86% et LCR de Anne-Sophie Wattel à 4,75% n’auront pas d’élu au conseil municipal.
A Marcq-en-Baroeul, le maire sortant Bernard Gerard l’emporte haut la main avec 62,65% des voix pour sa liste UMP. Le socialiste Philippe Harquet à 15,11%, tout comme le MoDem André Boutry à 9,28% et la communiste Martine Roussel à 6,67% auront des élus au conseil municipal, contrairement au Divers Droite Jean-Luc Landru à 3,39% et Frédéric Butez pour le Front National à 2,90%.
A Cambrai, victoire nette du maire sortant Divers Droite François-Xavier Villain qui totalise dès le premier tour 66,18% des suffrages. La socialiste Brigitte Guidez pointe à 22,41% et le MoDem Dominique Marécalle à 11,41%.
A Maubeuge, le sortant socialiste Rémi Pauvros l’emporte, lui aussi, au premier score avec le score de 53,90% des voix. Le Divers Droite Jean-Claude Decagny est à 26,06%, devant l’UMP Jean-Yves Herbeuval à 16,04%. Nasser Achour pour les Verts à 2,49% et Rachid Bendjeffal à 1,50% pour l’extrême gauche ne rentreront pas au conseil municipal.
A Lambersart, le député UMP Marc-Philippe Daubresse retrouve son fauteuil de maire dès le premier tour avec 51,02% des voix. Jérôme Roussel pour le PS pointe en deuxième position à 20,21%, talonné par le MoDem Daniel Pouppeville à 18,73%. La gauche alternative avec Claudine Descamps qui recueille 10,03% des voix fera son entrée au conseil municipal.
A Armentières, seules deux listes étaient en course et c’est celle du socialiste Bernard Haesebroeck qui l’emporte largement avec 70,93% des suffrages contre 29,07% pour son adversaire UMP Michel Plouy.
A Coudekerque-Branche, le maire sortant socialiste André Delattre devrait retrouver son fauteuil facilement dimanche soir. Il sort en tête du premier tour avec 45,70% des voix devant le Divers Gauche David Bailleul à 33,39% et l’UMP Daniel Distanti à 14,82%. Ces trois listes se maintiennent pour le second tour. Le Divers Gauche Daniel Burghgrave arrive en quatrième et dernière position avec 6,10% des suffrages.
A Saint-Pol-sur-Mer, le maire sortant, seul candidat en lice remporte l’élection avec 100% des suffrages exprimés.
A Grande-Synthe, le maire sortant socialiste Damien Carême semble bien parti pour conserver son siège. Il pointe en tête au premier tour avec 45,32% des voix devant le Divers Gauche Félix Tertulliani à 32,22%. Une autre Divers Gauche Nathalie Desmazières passe la barre des 10% à 11,48% mais ne se maintiendra pas au second tour. Le sans étiquette Héthi Riah recueille quant à lui 7,24% des suffrages et fusionnera avec la liste Tertulliani au second tour. Le MoDem Morgan Railane totalise quant à lui 3,73% des voix, ce qui ne lui permettra pas d’entrer au conseil municipal.
A Mons-en-Baroeul, le maire sortant socialiste écrase le premier tour en recueillant 73,49% des voix. L’UMP Jérôme Garcia doit se contenter de 16,37% des voix et la liste du MoDem de Michèle Padissis de 10,14%.
A La Madeleine, le sortant Claude Dhinnin ne se représentait pas. C’est l’UMP Sébastien Leprêtre qui remporte le scrutin dès le premier tour avec 52,65% des voix devant le Divers Gauche Olivier Delaval à 38,50%. La liste du MoDem conduite par Martial Singer avec 8,85% des suffrages sera représentée au conseil municipal.
A Hazebrouck, le sortant Divers Droite Paul Blondel ne sollicitait pas un nouveau mandat. La ville bascule à gauche avec la victoire de Jean-Pierre Allossery qui recueille 54,94% des voix contre 45,06% pour son adversaire Divers Droite Dominique Crinquette.
A Loos, le socialiste Daniel Rondelaere retrouve son siège dès le premier tour avec 51,69% des voix. Jacques Bourrez pour l’UMP recueille 21,69% des voix, la Divers Droite Anne Voituriez 16,87% et Jean-Luc Munro pour les Verts 9,75%.
A Croix, le sortant du Nouveau Centre Bernard Six est réélu avec 52,19% des voix contre 47,81% pour son adversaire socialiste Françine Langevin.
A Denain, le maire sortant communiste Patrick Leroy est battu par son quasi-homonyme socialiste Patrick Roy. Ce dernier totalise 50,24% des voix contre 35,96% pour le sortant. Emmanuel Cherrier pour l’UMP est loin derrière à 10,23% et le Divers Gauche Djemi Drici à 3,57%.
Pas-de-Calais.
A Calais, le sortant communiste Jacky Denain est accroché. Il arrive en tête du premier tour avec 37,70% des voix mais est talonné par l’UMP Natacha Bouchart à 36,36%. La liste du Front National conduite par François Dubout recueille quant à elle 12,35% mais ne se maintiendra pas au second tour. Catherine Bourgeois pour les Verts est à 5,37%, Laurent Roussel pour la LCR à 4,79% et Dominique Wailly pour Lutte Ouvrière à 3,43%. Le second tour pourrait être serré.
A Boulogne-sur-Mer, le député maire socialiste Frédéric Cuvillier remporte facilement l’élection au premier tour avec 71,61% des voix contre 12,71% pour son premier poursuivant, le Divers Droite Richard Honvault. Annick Valla pour l’UMP recueille seulement 8,21% des voix et Grégory Suslamare pour le MoDem 7,47%.
A Arras, le maire sortant MoDem Jean-Marie Vanlerenberghe retrouve son fauteuil dès le premier tour avec 51,24% des voix. Le socialiste Alain Faquet recueille quant à lui 33,93% des voix. La liste des Verts conduite par Alain Sellier à 9,59% et celle du Front National conduite par Jean-Marc Maurice à 5,24% auront des représentants au conseil municipal.
A Lens, on assistera à une étonnante pentagulaire au second tour. Le maire sortant socialiste Guy Delcourt arrive largement en tête avec 47,22% des voix et devrait retrouver son siège dimanche. Derrière, l’UMP Béatrice Permuy est à 18,41%, la Divers Gauche Annie Saint-Arnoult à 12,70%, le communiste Jean-Michel Humez à 11,15% et la Divers Gauche Naceira Vincent à 10,52%. Tous se maintiennent au second tour, pas de fusion, une pentagulaire donc!
A Liévin, le sortant socialiste Jean-Pierre Kucheida est réélu dès le premier tour avec le score sans appel de 74,81% des voix. Ses deux adversaires se partagent les restes: l’UMP Frédéric Lamand est à 14,12% et le Divers Gauche Jacques Lacaze à 11,07%.
A Béthune, le second tour promet d’être intéressant. Le maire sortant socialiste Jacques Mellick arrive largement en tête avec 41,49% mais devra faire face au deuxième tour à une liste d’union de ses trois adversaires: le MoDem Olivier Gacquerie à 23,74%, le Divers Gauche Stéphane Saint-André à 22,35% et l’autre Divers Gauche Bernard Seux à 12,42%. Cette liste sera conduite par Stéphane Saint-André. Après son échec aux dernières législatives, Mellick perdra-t-il son fauteuil de maire?
A Hénin-Beaumont, la liste d’union de la gauche conduite par le maire sortant Gérard Dalongeville arrive en tête avec 43,09% des suffrages. La liste du Front National, conduite par Steeve Briois et sur laquelle figure Marine Le Pen arrive loin derrière avec 28,53% des voix. Le Divers Gauche Daniel Duquenne totalise quant à lui 18,64% des voix et se maintiendra au second tour. Laurent Bocquet pour l’UMP est à 5,49% et Frédéric Fraccola pour la LCR à 4,25%. Sauf énorme surprise, le Front National ne devrait pas réussir à prendre Hénin-Beaumont.
A Bruay-la-Buissière enfin, le maire sortant socialiste Alain Wacheux est largement réélu avec 73,22% des voix contre 26,78% pour son adversaire UMP Lisette Sudic.
Le 4 août dernier, nous fêtions le 25ème anniversaire de la dépénalisation de l’homosexualité. L’occasion pour mon blog de revenir sur l’histoire du mouvement pour l’égalité des droits.
1791: Le code pénal issu de la révolution abandonne le crime d’homosexualité entre adulte consentants. 1810: Le code napoléonien reprend cette liberté mais l’âge de la majorité sexuelle devient source de discrimination en étant fixé à 18 ans pour les homos contre 15 pour les hétéros. 8 mars 1933: Ouverture des premiers camps de concentration en Allemagne nazie. A Berlin, considérée comme la capitale de la liberté homosexuelle, les lieux de rencontre, bars et cafés homos sont fermés, les personnes qui les fréquentaient sont arrêtées, incarcérées ou déportées en application de l’article 175 du code pénal allemand qui réprime les relations « contre nature » entre hommes. Le but du système nazi ne sera pas d’exterminer les homosexuels mais de les « rééduquer ». Peu périront dans les camps d’extermination. Beaucoup par contre trouveront la mort dans les camps de concentration où ils seront affublés du triangle rose pour les déportés allemands ou de la barrette bleue des asociaux pour les autres nationalités. Les Allemands les placeront au plus bas de la « hiérarchie concentrationnaire » et ils devront en plus faire face à l’homophobie régnant parmi leurs compagnons d’infortune. Ils subiront aussi les expériences « médicales » (implantation de glandes synthétiques, castration, trépanation, etc.) toujours dans le but de les « rééduquer ». Désignés souvent pour réaliser les travaux les plus durs et / ou les plus humiliants, leur taux de mortalité dans les camps sera plus élevé proportionnellement que celui des autres groupes. 1942: Le régime vichyste réprime fortement les relations homosexuelles et passe l’âge de la majorité sexuelle pour les homos à 21 ans en modifiant l’alinéa 1 de l’article 334 du code pénal. Il n’y aura pas de déportation organisée des homosexuels sous Vichy, seuls les hommes s’approchant de trop près des dignitaires allemands seront envoyés vers les camps avec la barrette bleue des asociaux. Dans les départements français annexés par l’Allemagne, la police française fournira à l’occupant des listes d’homosexuels illégalement constitués. Selon les dernières recherches des historiens, 210 personnes de ces départements seront déportées vers les camps pour homosexualité. Entre 1933 et 1945, cent mille homosexuels, toutes nationalités confondues, seront arrêtés, quinze mille d’entre eux seront déportés, les deux tiers d’entre eux ne reviendront jamais des camps.1945: A la libération, le régime gaulliste ne supprime pas les discriminations contrairement à la plupart des dispositions prises sous Vichy et l’ordonnance du 8 février 1945 réprime encore tout « acte impudique ou contre nature » entre personnes de même sexe et de moins de 21 ans (l’alinéa 1 de l’article 334 devient l’alinéa 3 de l’article 331 du code pénal).
Rentrés des camps, les déportés homosexuels ne sont pas reconnus comme des victimes que ce soit en France ou en Allemagne où l’homosexualité est toujours pénalisée. Ce n’est que dans les années 80 que la déportation homosexuelle commencera à refaire surface et au début des années 2000 qu’elle sera reconnue par l’État français. 1960: Toujours sous De Gaulle, l’amendement du député UDR Paul Mirguet classe l’homosexualité « fléau social » et donne au gouvernement le droit de légiférer par décret pour la combattre. Le 25 novembre de la même année, une loi doublant la peine maximum pour outrage public à la pudeur dans le cas de rapports homosexuels (alinéa 2 de l’article 330) est votée. 1968: La France adopte la classification de l’OMS classant l’homosexualité dans les maladies mentales. 1971: Création du Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR). 1974: La majorité légale passe de 21 ans à 18 ans, la majorité sexuelle des homos, calquée sur la majorité légale, suit le même mouvement. La discrimination entre homos et hétéros (dont la majorité sexuelle reste à 15 ans) perdure. Février 1978: La plupart des titres de la presse homosexuelle de l’époque sont interdits par le ministère de l’intérieur. 1978: Henri Cavaillet, sénateur radical du Lot-et-Garonne, dépose une proposition de loi visant à supprimer l’alinéa 3 de l’article 331 et l’alinéa 2 de l’article 330. Proposition de loi rejetée par l’assemblée nationale.
Création du « Comité d’urgence Anti-Répression homosexuelle » visant à lutter contre l’article 331 du code pénal. 1980: L’amendement du député Jean Foyer, président de la commission des lois de l’assemblée nationale, visant à maintenir le « délit d’homosexualité » pour les relations de 15 à 18 ans est voté en troisième lecture par la majorité RPR. Deux jeunes homos de 17 ans peuvent ainsi toujours être inculpés pour « coups et blessures réciproques ».1981: Élection de François Mitterrand à la présidence de la république. 11 juin 1981: Une circulaire provenant du ministère de l’intérieur de Gaston Deferre à la hiérarchie policière interdit le « fichage des homosexuels, les discriminations et à plus forte raison, les suspicions antihomosexuelles ». Le ministre met aussi fin au « groupe de contrôle homosexuel » en charge de ce fichage et dissout la brigade homosexuelle à la brigade de Paris. 12 juin 1981: La France ne reconnaît plus la classification de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) faisant de l’homosexualité une maladie mentale. Avril 1982: L’évêque de Strasbourg, Mgr Elchinger, déclare que les homosexuels sont des « infirmes ». Pierre Seel, déporté à l’âge de 17 ans pour homosexualité réagit vivement et sort la déportation homosexuelle de l’ombre. 27 juillet 1982: Après de longs débats, l’assemblée nationale adopte une proposition de loi soutenue notamment par Gisèle Halimi, rapporteuse, et le député Raymond Forni, et défendue par Robert Badinter, garde des sceaux, abrogeant définitivement les restrictions introduites en 1942 et confirmées en 1945. La majorité sexuelle passe à 15 ans pour tous. Badinter prononcera ces quelques mots lors des débats sur la dépénalisation:
»L’assemblée sait quel type de société, toujours marquée par l’arbitraire, l’intolérance, le fanatisme ou le racisme a constamment fait la chasse à l’homosexualité. Cette discrimination et cette répression sont incompatibles avec les principes d’un grand pays de liberté comme le notre. Il n’est que temps de prendre conscience de tout ce que la France doit aux homosexuels comme à tous ses autres concitoyens dans tant de domaines ». « La discrimination, la flétrissure qu’implique à leur égard l’existence d’une infraction particulière d’homosexualité les atteint – nous atteint tous – à travers une loi qui exprime l’idéologie, la pesanteur d’une époque odieuse de notre histoire. Le moment est venu pour l’Assemblée d’en finir avec ces discriminations comme avec toutes les autres qui subsistent encore dans notre société car elles sont indignes de la France ».
La loi du 4 août 1982 adoptée le 27 juillet 1982 supprime la répression légale des gays via une majorité sexuelle identique entre homos et hétéros. 1982: L’assemblée nationale met fin à des dispositions faisant référence aux « moeurs » qui permettaient aux bailleurs d’exclure des locataires homos et qui empêchaient ces derniers d’accéder à la fonction publique. 25 juillet 1985: L’assemblée nationale adopte un amendement de Jean-Pierre Michel étendant le champ des lois antiracistes aux discriminations en raison des moeurs. 1991: La majorité de gauche à l’Assemblée Nationale fait barrage à une tentative du Sénat à majorité RPR de recriminaliser l’homosexualité comme sous le régime de Vichy. 1992: Adoption de deux amendements du Contrat d’Union Civile par le parlement dont un sera jugé inconstitutionnel. La Sécu doit désormais reconnaître la qualité d’ayant-droit « à toute personne à charge affective permanente » d’un assuré social qui en fera la demande quel que soit son sexe.17 mai 1993: L’OMS supprime l’homosexualité de la liste des maladies mentales, cette date sera choisie plus tard pour la « journée internationale contre l’homophobie ». 1993: Publication du livre « Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel ».
Septembre 1993: Le petit Robert adapte sa définition du mot amour, jusqu’ici « relations entre un homme et une femme » devient « relations entre deux individus ». 6 juillet 1995: A la demande de la ministre de la solidarité entre les générations Colette Codaccioni, la ministre de la santé Elisabeth Hubert censure certaines images mettant en scène des couples homosexuels de la campagne ministérielle contre le SIDA. 13 Septembre: Joël Bateux, maire MDC de Saint-Nazaire annonce que sa commune délivrera des certificats de vie commune aux couples homosexuels. 29 novembre 1995: Jacques Toubon, garde des sceaux, déclaré à l’assemblée nationale: « Il n’est pas question de créer le Contrat d’Union Civile, il est au contraire question de favoriser dans le pays les mariages et les naissances ».9 octobre 1998: Une première mouture du PaCS est proposé à l’assemblée nationale. L’opposition RPR, UDF et DL la combat fermement. La majorité socialiste quant à elle, très frileuse, déserte les bancs de l’assemblée lors du vote. Malgré les efforts d’Elisabeth Guigou, garde des sceaux de l’époque, la motion d’irrecevabilité déposée par le député RPR Bernard Accoyer (actuel président de l’assemblée nationale) l’emporte. 3 Novembre 1998: La majorité socialiste propose un nouveau texte. En deux jours l’opposition dépose 1200 amendements. La bataille anti-PaCS est menée par la députée alors UDF Christine Boutin qui brandira sa bible à l’assemblée nationale et y prononcera une argumentation anti-PaCS de cinq heures. Parmi les autres députés les plus hostiles à la loi on trouve Claude Goasguen, Dominique Dord, Renaud Muselier, Renaud Dutreil, Jacques Myard ou Pierre Lellouche. 31 janvier 1999: Les slogans homophobes sont d’une violence rare lors d’une manifestation anti-PaCS à laquelle participe plusieurs députés RPR et UDF (dont Boutin): « Les homosexuels d’aujourd’hui sont les pédophiles de demain », « Les pédés au bûcher! ». 13 octobre 1999: Après l’avoir sabordée délibérément dans un premier temps, le PaCS est votée par la majorité socialiste de Lionel Jospin, défendu par Elisabeth Guigou. La loi sera promulguée le 15 novembre de la même année.
26 avril 2001: L’État évoque pour la première fois la déportation pour l’homosexualité par la voix du Premier Ministre Lionel Jospin. 2004: Cinq ans après la promulgation de la loi, plus de 2000000 PaCS ont été signés. Janvier et février 2005: Christian Vanneste, député UMP du Nord se distingue par des propos homophobes rapportés par les journaux « La voix du Nord » et « Nord Éclair ». Il déclare entre autres que « l’homosexualité est une menace pour la survie de l’humanité [...] » ou encore « Le critique les comportements, je dis qu’ils sont inférieurs moralement [...]« . 25 novembre 2005: Pierre Seel décède à l’âge de 82 ans. 24 juillet 2006: Vanneste est reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Lille d’injures en raison de l’orientation sexuelle. La peine sera confirmée en appel. 6 juillet 2006: Vanneste dépose une proposition de loi à l’assemblée nationale visant à supprimer l’article de loi qui a servi de support à sa condamnation.
2007: Dans un questionnaire envoyé par l’inter-LGBT aux candidats à l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy déclare vouloir créer un Contrat d’Union Civile (CUC) réservé aux homosexuels et annonce la suppression, à terme, du PaCS. Déclaration passée sous silence par les médias. Pourtant, ce projet sarkozyste était critiquable à double titre. D’une part il créait un contrat communautariste alors même que les associations LGBT avaient tout fait depuis les années 70 pour retirer toute référence aux préférences sexuelles des lois françaises, d’autre part, il supprimait la possibilité pour les hétérosexuels ne souhaitant pas passer par la mairie mais désireux de voir leur couple reconnu de contracter un PaCS. Heureusement, après son élection, sous la pression des associations LGBT, Nicolas Sarkozy semble avoir abandonné le projet de suppression du PaCS. Reste le CUC. Le projet devait normalement voir le jour cet automne. On peut penser qu’étant donné le climat social déjà bien houleux, Sarkozy ne prendra pas le risque de s’avancer sur un sujet qui pourrait provoquer des fractures visibles au sein de sa majorité.
Pour ce qui est de Christian Vanneste, le moins que l’on puisse dire est que sa condamnation n’a pas freiné sa carrière politique. En effet, peu après il est devenu vice-président de son parti le CNI. Aux législatives de juin dernier, il a été réélu député de la dixième circonscription du Nord avec plus de 58% des suffrages. Malgré la promesse de Sarkozy de ne pas l’investir à cette élection, le député du Nord n’a trouvé aucun candidat UMP face à lui et a, de plus, été soutenu par la fédération UMP locale. Comble de l’hypocrisie présidentielle, Nicolas Sarkozy a fait de Tourcoing un des objectifs prioritaires de l’UMP pour les prochaines municipales (si l’UMP prenait cette ville, elle pourrait dans le même temps faire basculer la communauté urbaine de Lille), Tourcoing où la tête de liste UMP sera … Christian Vanneste.
Aujourd’hui en France, trois agressions physiques homophobes ont lieu chaque semaine et le taux de suicide chez les jeunes homosexuels est treize fois supérieur à la moyenne nationale. La faute, entre autres et malgré une relative évolution des esprits, à une homophobie ambiante dans notre société, légitimée par les propos de certains personnages publics et relayée par des réseaux de droite et d’extrême droite encore très conservateurs.
Au niveau international, l’homosexualité est encore criminalisée dans environ 80 pays. Dans 9 d’entre eux, les homosexuels risquent même la peine de mort: l’Iran, l’Arabie Saoudite, l’Afghanistan, la Mauritanie, le Soudan, le Nigeria, le Yémen, le Pakistan et les Émirats Arabes Unis. Il y a quelques mois en Iran, deux jeunes de 16 et 18 ans étaient pendus en place publique pour leur homosexualité supposée…
La France à coté pour un havre de paix, mais ce n’est pas parce qu’on peut trouver pire ailleurs qu’il ne faut vouloir mieux ici…