Les candidats du MoDem aux européennes de 2009

De mercredi à samedi dernier, les adhérents du MoDem étaient invités à se prononcer sur le choix des têtes de liste du parti pour les prochaines élections européennes. Sans surprise les candidatures ont été approuvées par 85,87% des suffrages exprimés, la participation se situant entre 25 et 30% (13255 votants).

Deux figures médiatiques dans ces têtes de liste: Jean-François Kahn et Robert Rochefort. Le premier, co-fondateur de Marianne se présentera dans la circonscription Est avec en troisième position sur sa liste l’ancien secrétaire national des Verts Yann Wehrling. Le second, ancien chroniqueur sur Europe 1 et grand habitué des plateaux télés et radios en sa qualité de directeur du CREDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), mènera la liste du parti centriste dans la circonscription Sud-Ouest.

Côté « poids lourds » du parti, la numéro 2, Marielle de Sarnez, eurodéputée sortante, dirigera la liste en Île-de-France. L’ancienne ministre de l’écologie Corinne Lepage sera quant à elle tête de liste dans la circonscription Nord-Ouest. Jean-Luc Bennahmias, également ancien secrétaire national des Verts, conduira pour sa part la liste dans la circonscription Sud-Est, avec en troisième position l’ancien député Gilles Artigues.

Deux visages de pro-européens convaincus, mais moins connus du grand publics que leur collègues, viennent compléter le casting. Dans l’Ouest, l’ancienne conseillère de Romano Prodi et présidente du Mouvement européen de France, Sylvie Goulard, conduira une liste sur laquelle on retrouvera en deuxième position Bruno Joncour, maire de Saint-Brieuc. Dans la circonscription Centre enfin, c’est l’eurodéputé sortant Jean-Marie Beaupuy qui portera les couleurs du MoDem.

Lors des élections européennes de 2004, les listes UDF avaient recueilli entre 9,96% et 13,24% des voix selon les circonscriptions. Après des résultats médiocres lors des derniers scrutins électoraux, ces européennes seront un test important pour le parti de François Bayrou.

Côtes-d’Armor.

bousquet.jpgjoncour.jpgA Saint-Brieuc, le second tour sera plus serré que prévu. Le maire sortant MoDem Bruno Joncour résiste en effet beaucoup mieux le laissaient prévoir les derniers résultats électoraux de la ville. Avec 44,71% des suffrages il pointe en tête de ce premier tour mais n’a pratiquement aucune réserve de voix pour le second tour. La députée socialiste Daniel Bousquet peut donc être relativement sereine pour le second tour. Elle recueille 40,12% des voix lors de ce premier tour et pourra sans doute compter sur un bon report des voix des autres listes de gauche. Samuel Burlot à la tête d’une liste soutenue par la LCR arrive en troisième position avec 8,52% des voix mais aucun accord de fusion n’a été trouvé avec la liste socialiste. Le Divers Droite Jacques Melet réuni sous son nom 3,82% des électeurs, Alain Le Fol pour Lutte Ouvrière 1,82% et Pierre Lo Monaco avec sa liste soutenue par le Parti des Travailleurs 0,98%. Élection beaucoup plus serrée que prévu à Saint-Brieuc donc, cependant ce serait vraiment une surprise si la ville ne basculait pas à gauche dimanche prochain.

Finistère.

cuillandre.jpgprunier.jpgpellicano.jpgA Brest, comme c’était prévisible, le maire sortant socialiste arrive largement en tête de ce premier tour. Avec 45,79% des voix il distance son poursuivant immédiat de plus de 24 points. L’UMP Laurent Prunier ne recueille en effet que 21,02% des voix, faute aux divisions de la droite bien sûr mais aussi à une mauvaise campagne et à la composition de sa liste « extrêmement » à droite. Ce n’est pas encore lors de cette élection que la droite brestoise se trouvera un leader… En troisième position arrive le Divers Droite ex-UMP Fortuné Pellicano. Avec 11,65% il réussit son pari: prouver qu’il peut exister politiquement à Brest en dehors de son ancien parti. Il maintiendra sa liste au second tour, aucune alliance avec Laurent Prunier n’était possible les deux hommes ne s’appréciant guère et Pellicano ne voulant pas mêler son nom à celui des colistiers MPF et CNI de Prunier. La liste LCR conduite par Céline Mandon « Pour Brest la gauche debout » réalise quant à elle l’excellent score de 8,99%, récompense d’une campagne très dynamique. Des demandes de fusion ont été formulées envers François Cuillandre mais ce dernier avait toujours précisé que sa liste serait la même au premier et au second tour. Il s’y tiendra donc et l’extrême gauche brestoise n’aura aucun élu. Elle ne peut cependant que s’en prendre à elle-même, les deux autres listes PT et LO ayant respectivement recueilli 2,29% et 1,65% des suffrages, l’union dès le premier tour aurait sans doute permis à l’extrême gauche d’envoyer des élus à la mairie. La grosse surprise à Brest est le mauvais score du MoDem. Avec 8,61% des voix, Mikaël Cabon a décidé de ne pas nouer d’alliance pour le second tour et ne donne pas de consigne de vote. François Cuillandre s’envole donc vers une réélection facile, il ne reste plus qu’à savoir si la défaite de la droite à Brest sera sévère ou très sévère.

poignant.jpgramonet.jpgle-bal.jpgA Quimper, l’hypothèse d’une bascule à gauche se confirme. Le Député Européen socialiste Bernard Poignant vire en effet en tête avec 35,97% des voix. L’UMP Marcelle Ramonet se contente quant à elle de 29,09% des suffrages. On s’attendait à un bon score de la liste des Verts menée par Daniel Le Bigot mais avec 16,80% des voix il est sans doute au-dessus des prévisions de toutes les prévisions. L’annonce de l’accord avec la liste socialiste ne s’est pas faite attendre et Le Bigot devient donc le numéro 3 de la liste que Poignant conduira dimanche prochain. Comme à Brest, la liste MoDem a, par contre, réalisé une contre performance. Avec 11,61% des voix, Isabelle Le Bal est très loin du score réalisé par François Bayrou lors des présidentielle à Quimper. Au grand dam de Marcelle Ramonet, la liste MoDem se maintiendra au second tour. Janine Carrasco qui conduisait la liste soutenue par la LCR recueille quant à elle 6,53%. Aucun accord de fusion avec la liste de gauche n’a été conclu. Bernard Poignant devrait donc retrouver dimanche prochain son fauteuil de maire qu’il avait quitté il y a sept ans.

A Concarneau, le maire sortant Gilbert Le Bris ne se représentait pas. A l’issue de ce premier tour, deux listes se tiennent dans un mouchoir de poche. L’UMP André Fidelin qui recueille 37,82% des voix ne devance en effet que de quelques voix son concurrent socialiste Jean-Paul Roux qui totalise 37,70% des suffrages. En troisième position, le Vert Philippe Laporte recueille 12,66% des voix. Sa liste fusionnera avec celle de Roux pour le second tour. La liste LCR menée par Dominique Diéterlé passe elle aussi la barre des 10% avec 11,82% des voix et se maintiendra au second tour. Sans réserves de voix à droite, on voit mal comment André FIdelin pourrait l’emporter dimanche prochain.

Ille-et-Vilaine.

delaveau.jpgboudjema.jpegollivro.jpgA Rennes, la succession d’Edmond Hervé devrait tranquille pour Daniel Delaveau. Le bras droit de l’ancien maire arrive en effet largement en tête du premier tour avec 46,98% des suffrages. Derrière lui, Karim Boudjema pour l’UMP ne recueille que 26,11% des voix. Caroline Ollivro pour le MoDem pointe en troisième position mais avec seulement 10,23% des suffrages la déception est grande pour la leader de la liste centriste. Elle maintiendra cependant sa liste au second tour, faisant le choix de l’autonomie. Les verts avec Nicole Kiil-Nielsen recueillent quant à eux 8,93%. Ils ne peuvent donc pas se maintenir au second tour et comme Cuillandre à Brest, Delaveau présentera la même liste au premier et au second tour. Pas d’élus de la liste Verte au conseil municipal donc, mais certains anciens conseillers Verts avaient choisis de partir avec Delaveau dès le premier tour ce qui leur avait valu l’exclusion de leur parti. Derrière, les listes LCR, LO et PT recueillent respectivement 4,99%, 1,76% et 1,01% des voix.

A Saint-Malo, le maire sortant UMP René Couanau semble bien parti pour garder son fauteuil. Avec 47,04% des voix au premier tour, il devance largement le candidat PS Jacky Le Menn. Une fusion avec la liste MoDem de Louisette Bourdin arrivée troisième aurait pu inverser la tendance mais aucun accord n’a été trouvé. La liste LCR de Pierre Chapa réalise quant à elle le score très honorable de 6,95%. La liste PT de Bruce Derrien ferme la marche avec 1,44% des suffrages. Sauf énorme surprise, René Couanau devrait être réélu.

A Fougères, l’élection s’est jouée au premier tour. Le Divers Gauche Louis Feuvrier remporte le scrutin d’une fort belle façon avec 64,35% des voix devant son adversaire UMP Isabelle Biard qui plafonne à 35,65%.

Morbihan.

metairie_lorient_elu.jpgUn seul tour à Lorient. Le maire sortant socialiste Norbert Métairie écrase le scrutin en recueillant dès le premier tour 64,01% des voix. L’UMP Fabrice Loher doit se contenter de 31,70%. Daniel Bergeron, seul candidat du Front National dans une grande ville bretonne recueille quant à lui 4,29% des suffrages, score qui ne lui permet pas d’avoir d’élu au conseil municipal.

goulard.jpgA Vannes, le second tour s’annonce palpitant. Le maire sortant et ancien ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche de Dominique de Villepin, François Goulard, qui s’était fait remarquer ces derniers temps en ne manquant jamais une occasion de critiquer Nicolas Sarkozy, arrive en tête avec 46,61% des voix. Nicolas Le Quintrec arrive second avec 30,50% des suffrages, suivi de la candidate sans étiquette Marion Le Berre à 22,90%. La réélection s’annonçait facile pour Goulard mais les deux autres listes ont décidé de fusionner. Dur à dire si les électeurs comprendront cette alliance mais la perte de Vannes par la droite provoquerait un petit séisme dans le monde politique breton.

Ville: Saint-Brieuc.

Région: Bretagne.

Département: Côtes-d’Armor.

Nombre d’habitants: 46089 (130ème ville française).

Maire actuel: Bruno Joncour (UDF passé au MoDem) depuis 2001.

Maire précédent: Claude Saunier (PS) de 1983 à 2001).

Résultat présidentielle: Sarkozy 41,60% – Royal 58,40%


Les têtes de liste:

Comme Quimper, Saint-Brieuc fait partie de ces villes moyennes de l’Ouest qui pourraient basculer à gauche lors de ces municipales. En 2001, l’UDF Bruno Joncour, profitant d’une division de la gauche locale, réussissait à accéder au fauteuil de maire.

Le centriste, passé de l’UDF au MoDem est candidat à sa succession et conduira la liste « Saint-Brieuc, ville d’avenir, la dimension humaine avec Bruno Joncour ». Mais contrairement à 2001, la division est à droite. Certains de ses colistiers de 2001 ont en effet décidé de constituer une liste indépendante. Cette dernière sera menée par Jacques Melet et comptera dans ses rangs Okunmwendia Kingsley, radical bien connu du monde politique briochin.

A gauche, la députée Danielle Bousquet, à la tête de la liste « Saint-Brieuc 2008, à gauche de coeur », a tiré les leçons du passé et réussi à constituer une liste de gauche plurielle (PS-PC-Verts-UDB) et ne peut que se réjouir de la division du camp adverse. Forte des 58% des voix réuni par Ségolène Royal à la présidentielle et de son propre score équivalent aux législatives, elle peut espèrer reprendre cette ville profondément ancrée à gauche.

Enfin, à l’extrême gauche, trois listes seront en concurrence. Samuel Borlot conduira la liste de la LCR « Saint-Brieuc à gauche toute », Alain Le Fol la « liste Lutte Ouvrière » et Pierre Lo Monaco la liste « Pour la défense de la démocratie rurale et des services publics ».

Même dans l’hypothèse très probable d’une fusion des listes Joncour et Melet entre les deux tours, Danielle Bousquet ne devrait avoir aucun mal à remporter largement ces municipales.

Les sites des candidats:

Bruno Joncour.

Danielle Bousquet.

Jacques Melet.

Samuel Borlot.

Pierre Lo Monaco (Pas de site connu).

Alain Le Fol (Pas de site connu).