Christian Vanneste

Suite à l’annulation par le tribunal administratif de Besançon du refus du Président du Conseil Général du Jura de délivrer un agrément à Emmanuelle B., homosexuelle se battant depuis 10 ans pour adopter, l’émission C’est dans l’air d’Yves Calvi décidait le 12 novembre dernier de consacrer un plateau au thème « L’homo et l’enfant ».

Invités à ce débat sur l’homoparentalité: l’avocate Caroline Mecary, le psychiatre et psychanalyste Serge Hefez, le co-président de l’association des Parents Gays et Lesbiens Franck Tanguy et … le député du Nord Christian Vanneste. En invitant ce dernier, l’équipe d’Yves Calvi a sans doute voulu assurer le spectacle, elle n’a certainement pas été déçue tant l’homme a fait montre de son homophobie crasse. Au niveau de l’image, Vanneste a assez bien réussi son coup: en infériorité numérique sur le plateau il a pris bien soin de se victimiser et, étayant son propos de références à des études et ouvrages, il a tenté de se parer de la légitimité scientifique. Face à lui Mecary et Tanguy ont été relativement transparents (peut-être lassés de devoir avoir en face d’eux des caricatures telles Vanneste quand un débat se tient), seul le psychiatre Serge Hefez a réussi à développer un raisonnement contrecarrant les idées du député UMP. Raisonnement immédiatement attaqué par Vanneste qui, comme le montre la vidéo ci-dessous, essaye de délégitimer la parole du psychiatre en lui opposant une étude espagnole et un ouvrage paru dans la prestigieuse collection des Presses Universitaires de France Que sais-je?

Intéressons nous donc à ces deux ouvrages. L’étude espagnole « No es igual«  ( »Ce n’est pas pareil« ) à laquelle fait référence Vanneste est en fait une compilation critique de textes pris hors contexte. Aucun terrain n’a été effectué par ses auteurs qui n’ont donc rencontré aucun parent gay ou lesbien ni aucun enfant. Ce document a en fait été réalisé par un cyber-lobby pro-life, Haztzeoir.com. On retrouve parmi ses auteurs des proches des Légionnaires du Christ et l’auteur du préambule de l’étude, Aquilo Polaino, est un ardent défenseur de la réorientation sexuelle pour les gays. Niveau crédibilité, on a fait mieux.

Passons maintenant au Que sais-je? sur l’homosexualité que nous recommande si chaudement Vanneste. Tout d’abord, l’ouvrage n’est pas tout récent puisque sa première édition date de 1982. Ensuite, son auteur est Jacques Corraze. Sympathisant notoire du Front National, Corraze avait participé en 2004 à une conférence organisée par deux figures du parti d’extrême droite -le maire Front National d’Orange Jacques Bompard et le président de l’AGRIF Bernard Anthony- aux côtés entre-autres de la militante anti-avortement Jeanne Smits. Avec de telles accointances, on ne doutera donc en aucune façon de l’impartialité de Jacques Corraze dans ses écrits. On sait maintenant où Vanneste va piocher son idéologie d’un autre âge: à droite, très à droite.

Reste que dans ce genre de débat, l’accaparement de la vérité scientifique est important: « Puisque c’est écrit dans un Que sais-je? et puisque qu’une étude l’a démontré, ça doit être vrai » se dira le téléspectateur non éclairé. Vanneste, en pro des médias l’a bien compris et tant que de telles émissions de débat préférerons inviter des « bons clients » plutôt que des spécialistes de ces sujets sa démagogie pourra tranquillement prospérer.

de-villepin

Les réquisitoires ont été rendus hier dans le procès Clearstream. Le procureur de la République de Paris, jean-Claude Marin, a réclamé une peine de 18 mois de prison avec sursis et 45000 euros d’amende contre L’ancien Premier Ministre Dominique de Villepin. Pour ce qui est des autres prévenus, 4 mois de prison avec sursis sont requis pour Florian Bourges, 3 ans de prison dont 18 avec sursis contre l’ex-vice président d’EADS Jean-Louis Gergorin, 2 ans de prison dont 6 avec sursis contre Imad Lahoud le présumé faussaires des listings, le parquet a enfin requis la relaxe du journaliste Denis Robert.

Pour le chroniquer judiciaire du figaro, Stéphane Durand-Souffland, « l’argumetation du procureur de la république et tout à fait séduisante du point de vue intellectuel » mais semble « assez compliqué à prouver ».

La réaction de Dominique de Villepin s’est voulue comme à son habitude cinglante: «Nicolas Sarkozy avait promis de me pendre à un croc de boucher, je vois que la promesse a été tenue» a-t-il déclaré aux journalistes.

David Douillet

David Douillet fera dans quelques jours son entrée au Palais Bourbon grâce à sa victoire sur le socialiste Frédérik Bernard avec environ 52% des suffrages. L’ancien judoka succède ainsi au député UMP Jacques Masdeu-Arus, déclaré inéligible suite à sa condamnation dans l’affaire Bédier pour corruption passive et recel d’abus de biens sociaux.

Les reports de voix semblent s’être faits correctement des deux côtés et la légère hausse de la participation ne semble pas avoir plus profité à un candidat qu’à un autre.

Comment analyser la victoire de Douillet alors que l’UMP est fragilisée par une succession de polémiques (affaires Polanski, Mitterand, Jean Sarkozy)? Tout d’abord, notons que la douzième circonscription des Yvelines est historiquement à droite. Sans aller jusqu’à dire que même une chèvre y serait élue avec l’investiture UMP, pour reprendre l’expression d’Arnaud Montebourg à propos de Jean Sarkozy, le risque de défaite pour l’ex-judoka était minime. Certains auront tôt fait de comparer les résultats de Douillet avec ceux de Masdeu-Arus en 2007 et de noter la stabilité des scores. Mais peut-on vraiment comparer le score d’un député sortant déjà condamné à l’époque (il avait fait appel de la décision du tribunal et, celui-ci étant suspensif, avait pu briguer sa succession) et celui d’une icône nationale, sans doute parachuté dans cette circonscription pour sa relative bonne image dans l’opinion afin de faire oublier les « affaires ». Si l’on veut faire des comparaisons il faut sans doute remonter à avant les « affaires ». Aux législatives de 2002, Masdeu-Arus remportait la circonscription avec plus de 60% des suffrages face au candidat vert Alain Dorange. La présence d’un candidat écologiste pour la gauche est d’ailleurs le signe qu’à l’époque les instances socialistes avaient jugé la circonscription ingagnable et l’avaient laissé à un de leur partenaire de la gauche plurielle.

En conclusion, même si le fait d’avoir réussi à garder cette circonscription à droite est une victoire importante médiatiquement pour l’UMP compte tenu du contexte national morose pour le parti majoritaire, le score relativement modeste de Douillet semble confirmer des lendemains difficiles pour le parti de Nicolas Sarkozy.

Les candidats de l'UMP aux européennes de 2009

Après celles du MoDem, voici les têtes de listes choisies par l’UMP pour les élections européennes de juin prochain.

En île-de-France, le ministre de l’agriculture Michel Barnier et la Garde des Sceaux Rachida Dati mèneront la liste du parti majoritaire. Inutile de s’étendre plus sur ces nominations qui ont déjà été maintes fois commentées…

Dans la circonscription Nord-Ouest où la secrétaire d’État à la solidarité Valérie Létard était pressentie pour diriger la liste, ce sera finalement le successeur de jean-Louis Borloo à la mairie de Valenciennes, Dominique Riquet, qui conduira les troupes de l’UMP. L’eurodéputée sortante Tokia Saïfi, qui aurait également pu prétendre à conduire cette liste, devrait se retrouver en deuxième position.

Dans l’Est c’est le président du groupe du Parti Populaire Européen au Parlement Européen, Joseph Daul, qui sera tête de liste. Il aura en numéro deux l’eurodéputée sortante Véronique Mathieu.

Dans le Sud-Ouest, Alain Lamassoure élu trois fois au parlement européen et considéré comme un des meilleurs eurodéputé français ne sera pas tête de liste. Pas assez médiatique sans doute… Il devrait cependant être présent sur la liste qui sera conduite par l’ancien président du CSA et maire de Toulouse Dominique Baudis.

Pas de surprise dans le Sud-Est et dans le Centre où se sont respectivement Françoise Grossetête et Jean-Pierre Audy, eurodéputés sortants, qui dirigeront les listes UMP.

Dans la circonscription Ouest, c’est le président de la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles), Jean-Michel Lemétayer qui était pressenti. Ce dernier ayant annoncé qu’il ne serait pas candidat, c’est finalement le président du conseil général du Maine-et-Loire Christophe Béchu qui dirigera la liste UMP. Ceci est une surprise. On se souvient en effet que lors des dernières élections municipales à la mairie d’Angers, Béchu avait refusé le soutient du Président de la République Nicolas Sarkozy. Il faut cependant dire que la circonscription Ouest n’est pas la plus facile pour l’UMP et que le parti majoritaire manque cruellement de leaders dans le secteur. En 2004, la liste UMP menée par Roselyne Bachelot n’avait réuni que 14,81% des suffrages, devançant de seulement trois points la liste UDF.

Dans la grande circonscription Ultra-Marine enfin Marie-Luce Penchard, secrétaire nationale de l’UMP à l’Outre-Mer et fille de Lucette Michaud-Chevry, a été préférée à l’ancienne secrétaire d’État à la francophonie Margie Sudre pour diriger la liste UMP.

mais.jpgLes députés ont achevé la nuit dernière l’examen en première lecture du projet de loi sur les OGM. Le sénat, qui avait voté le texte en première lecture le 8 février, l’examinera en seconde lecture à partir du 16 avril. Le moins que l’on puisse dire est que l’étude de ce projet de loi n’aura pas été des plus sereins. Aujourd’hui dans le monde, la secrétaire d’État à l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet a en effet déclaré « Il y a un concours de lâcheté et d’inélégance entre Jean-François Copé, qui essaie de détourner l’attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe, et Jean-Louis Borloo, qui se contente d’assurer le minimum ». Ambiance… Le premier ministre François Fillon n’a pas tardé à demander des excuses publiques à sa secrétaire d’État qui s’est exécutée rapidement en précisant que « Les propos qu’on [lui] prête aujourd’hui dans le journal Le Monde ont été déformés ». Les méchants journalistes qui passent leur temps à déformer les propos des politiques, l’excuse est tellement habituelle qu’elle en devient peu crédible.

Le « coup de gueule » de la secrétaire d’État fait suite aux critiques de Jean-François Copé sur l’adoption par l’assemblée de l’amendement 252 défendu par le député communiste du Puy-de-Dôme André Chassaigne et limitant les zones où pourront être plantés des OGM. Amendement identique à celui présenté auparavant par Louis Giscard-d’Estaing (UMP) sur lequel la secrétaire d’État s’était remis à la sagesse de l’assemblée (l’amendement avait été retiré par le député UMP sous la pression du rapporteur de la loi, Antoine Herth). Coppé avait donc estimé que « Lorsqu’un gouvernement s’en remet à la sagesse de l’Assemblée sur un amendement venant de la gauche, ça veut dire qu’en réalité il l’approuve ». Le président du groupe UMP ne semble pas goûté la liberté de vote qui s’est exprimée à ce sujet au sein de son groupe parlementaire.

Et pourtant, l’amendement Chassaigne (qui sera sans doute supprimé lors de l’étude du texte en seconde lecture) n’était qu’un petit grain de sable dans un texte largement Pro-OGM. Le grenelle de l’environnement qui consacrait le « droit de produire et de consommer sans OGM » semble aujourd’hui loin. La loi donne en effet le « droit de produire et de consommer avec ou sans OGM ». Petite nuance dans les mots, grande nuance dans les faits attendus. La coexistence des cultures OGM et traditionnelles n’étant en effet pas possible. Lorsqu’un agriculteur cultive des OGM, les semences ne restent pas cantonnées dans son champ et la contamination des éventuelles cultures traditionnelles voisines est inévitable. Réalité que reconnaît implicitement la loi puisqu’elle prévoit un fond d’indemnisation pour les agriculteurs victimes de contamination qui serait abondé par les cultivateurs d’OGM.

Le plus inquiétant dans cette loi est que les questions essentielles comme celle de la légitimité de la brevétisation du vivant ou de la réversibilité de la culture des OGM, n’ont pas été posées. Sous couvert de transposer une directive européenne, la majorité semble donc avoir choisi de laisser le « champ » libre aux semenciers producteurs d’OGM.

Personnellement, je suis tout à fait favorable à la recherche sur les OGM en milieu confiné tout comme à la culture d’OGM à vertu thérapeutique également en milieu confiné. Je comprends par contre mal quel besoin le législateur a de promouvoir une technique qui fait courir des risques aux consommateurs et à l’environnement sans qu’aucun bénéfice, sinon pour le producteur, n’en soit attendu.

Pour aller plus loin, je vous conseille de lire le rapport très Pro-OGM du député Antoine Herth, rapporteur de la loi à l’assemblée et pour contre-balancer, le documentaire très anti-OGM de Marie-Monique Robin « Le Monde selon Monsanto » disponible en téléchargement payant sur le site d’ARTE et qui sera rediffusé sur la TNT le samedi 19 avril à 9h45.