(Première parution le jeudi 19 juillet 2007).
Des surprises dans le gouvernement Fillon il y en a. Mais la plus grande vient de la nomination de Fadela Amara comme secrétaire d’État chargée de la politique de la ville. Non pas parce que cette dernière est élue PS au conseil municipal de Clermont-Ferrand (elle n’y a jamais siégé), mais parce qu’elle était présidente de l’association féministe et laïque « Ni Putes Ni Soumises ». Inattendu donc de la voir accepter un poste sous l’autorité directe de la ministre la plus anti-féministe et anti-laïque du gouvernement: Christine Boutin.
La grenouille de bénitier préférée de Sarkozy (qui conserve son poste de consulteur auprès du Vatican et travaille donc pour deux États à la fois) ne sera d’ailleurs pas la seule personnalité avec qui Amara devra travailler. La madone anti-PaCS a en effet constitué un cabinet pour le moins original.
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On y trouve tout d’abord un prêtre, Jean-Marie Petitclerc, nommé chargé de mission pour les relations avec les acteurs locaux. Un curé dans un cabinet ministériel, c’est une première.
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Son directeur de cabinet ensuite, Jean-Paul Bolufer, connu pour appartenir à la droite catholique dure, s’est fait connaître pour ses prises de position contre l’avortement et l’homosexualité.
- Enfin, la cerise sur le gâteau est sans doute Christine de Chefdebien qui devient conseillère technique de Boutin, et qui avait été condamnée en 1992 à quatre mois de prison avec sursis et 3000 francs d’amende, peine ramenée en appel à 5000F, pour avoir participé à un commando anti-IVG.
Quel casting!
Alors de deux choses l’une: soit Amara est une grande naïve qui pense vraiment pouvoir infléchir la politique du ministère le plus réactionnaire du gouvernement, soit ce n’est qu’une petite carriériste opportuniste qui se fiche totalement que l’on se serve d’elle tant qu’elle peut profiter de la lumière des palais de la République. Et comme on n’entre pas dans un gouvernement par naïveté…










