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(Première parution le jeudi 26 juillet 2007).

Cacophonie au gouvernent. Fillon veut expérimenter la gratuité d’accès aux musées tandis que sa ministre de la culture, Christine Albanel, ne pense pas que ce soit une bonne idée. Cela est-il étonnant de la part de celle qui, en tant que présidente de Versailles, avait augmenté le prix du billet de 69% et avait rendu payants des espaces gratuits.
En effet, même si on ne peut pas encore juger le travail d’Albanel en tant que ministre, on peut en revanche faire le bilan de son action comme présidente de Versailles. Elle est nommée à ce poste en 2003 au grand damne des conservateurs qui voient d’un mauvais oeil l’arrivée d’une administratrice et non d’une scientifique à ce poste. Craintes vérifiées rapidement: elle déclaré en effet vouloir faire de Versailles « une PME » dans une « logique d’entreprise ». Dès lors, elle va tout mettre en oeuvre pour transformer Versailles en « Versailles-Land ».
Tout d’abord, elle favorise la reconstruction au détriment de la restauration, moins spectaculaire et médiatique. Le meilleur exemple est la recréation du bosquet des trois fontaines. Réalisation coûteuse et qui ne sera jamais que du toc, contrairement aux bassins de l’île aux enfants ou de Latone, qui eux sont d’époque, se détériorent et auraient eu besoin d’une restauration. Mais l’argent est parti ailleurs…
Albanel s’est aussi distinguée en créant le « Domaine de Marie-Antoinette ». Auparavant inclue dans le prix du billet d’entrée, la visite de ces lieux (dont certains n’ont aucun rapport avec la reine) est devenue payante. Et tout un packaging a accompagné cette création: un « parfum Marie-Antoinette » qu’elle n’a jamais porté et un « vin de la reine » produit à partir de vignes plantées… il y a quelques années. Mais pour Albanel la réalité historique n’a que peu de poids face à l’argent.
Espérons en tous cas que, dans son ministère, la culture et le patrimoine ne seront pas vus uniquement comme des moyens de faire de l’argent.