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Paris aura finalement eu raison du vote des militants UMP en Bretagne. Dans le duel qui opposait depuis des mois le villepiniste Jacques Le Guen, élu chef de file pour ces régionales au printemps par un vote des militants, et Bernadette Malgorn, proche de Nicolas Sarkozy, c’est cette dernière qui aura eu le dernier mot. Un villepiniste face à une proche de Sarkozy: le suspens n’était pas haletant, avouons-le…

Malgorn, 58 ans, a été préfète de la région Bretagne entre 2002 et 2006. Elle s’est fait connaître du grand public pour sa gestion pour le moins musclée des soirées étudiantes du jeudi soir à Rennes, allant jusqu’à recourir à un canon à eau pour disperser les jeunes, ce qui avait choqué la population à l’époque. Les relations avec la mairie socialiste alors occupée par Edmond Hervé étaient extrêmement tendues. Récemment, l’ancien maire parlait en des termes peu élogieux de ses rapports avec la préfète: « Je suis au regret de dire que Mme Malgorn a été le préfet le plus partisan rencontré » « Nous l’avons vue à l’œuvre dans “le maintien” de l’ordre », «  Dans certains cas, elle manifestait une conception très sécuritaire, voire provocatrice, en d’autres cas, elle versait dans l’inertie en alléguant le manque de moyens ». « Il lui est arrivé de ne rien faire par calcul ». La voilà habillée pour l’hiver…

La préfecture de région avait également été impliquée sous l’ère Malgorn dans une affaires de publi-reportages maquillés en enquête avec le journal Ouest-France. La préfecture avait en effet commandé une série d’articles sur « la Bretagne face à ses démons » (alcool, tabac, cannabis, fêtes) qui semblaient avoir pour seul but la justification de la politique sécuritaire de Malgorn. Libération y avait consacré un article à l’époque.

En 2006, Bernadette Malgorn est nommé secrétaire générale du ministère de l’intérieur, occupé alors par Nicolas Sarkozy. Elle deviendra en 2009 magistrate à la cours des comptes.

Faible dans la région depuis de nombreuses années, la droite bretonne se cherchait un nouveau leader. Pas sur que l’image du sabre et du goupillon portée par Malgorn corresponde tout à fait aux attentes de la Bretagne en 2010.

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David Douillet

David Douillet fera dans quelques jours son entrée au Palais Bourbon grâce à sa victoire sur le socialiste Frédérik Bernard avec environ 52% des suffrages. L’ancien judoka succède ainsi au député UMP Jacques Masdeu-Arus, déclaré inéligible suite à sa condamnation dans l’affaire Bédier pour corruption passive et recel d’abus de biens sociaux.

Les reports de voix semblent s’être faits correctement des deux côtés et la légère hausse de la participation ne semble pas avoir plus profité à un candidat qu’à un autre.

Comment analyser la victoire de Douillet alors que l’UMP est fragilisée par une succession de polémiques (affaires Polanski, Mitterand, Jean Sarkozy)? Tout d’abord, notons que la douzième circonscription des Yvelines est historiquement à droite. Sans aller jusqu’à dire que même une chèvre y serait élue avec l’investiture UMP, pour reprendre l’expression d’Arnaud Montebourg à propos de Jean Sarkozy, le risque de défaite pour l’ex-judoka était minime. Certains auront tôt fait de comparer les résultats de Douillet avec ceux de Masdeu-Arus en 2007 et de noter la stabilité des scores. Mais peut-on vraiment comparer le score d’un député sortant déjà condamné à l’époque (il avait fait appel de la décision du tribunal et, celui-ci étant suspensif, avait pu briguer sa succession) et celui d’une icône nationale, sans doute parachuté dans cette circonscription pour sa relative bonne image dans l’opinion afin de faire oublier les « affaires ». Si l’on veut faire des comparaisons il faut sans doute remonter à avant les « affaires ». Aux législatives de 2002, Masdeu-Arus remportait la circonscription avec plus de 60% des suffrages face au candidat vert Alain Dorange. La présence d’un candidat écologiste pour la gauche est d’ailleurs le signe qu’à l’époque les instances socialistes avaient jugé la circonscription ingagnable et l’avaient laissé à un de leur partenaire de la gauche plurielle.

En conclusion, même si le fait d’avoir réussi à garder cette circonscription à droite est une victoire importante médiatiquement pour l’UMP compte tenu du contexte national morose pour le parti majoritaire, le score relativement modeste de Douillet semble confirmer des lendemains difficiles pour le parti de Nicolas Sarkozy.

Les candidats du Parti Socialiste aux européennes de 2009

Samedi dernier ont été révélés les noms des têtes de listes socialistes pour les européennes de juin prochain. Entre respect des rapports de force entre motions du congrès de Reims, de la représentativité des territoires et de la parité, la constitution des listes n’a pas dû être aisée à Solférino, et certaines de ces dernières ont de quoi surprendre.

En Île-de-France, c’est l’ancien porte-parole d’SOS Racisme, eurodéputé sortant et proche de Bertrand Delanoë, Harlem Désir, qui conduira la liste socialiste. Pervenche Bérès, proche de Martine Aubry et Benoît Hamon, porte parole du parti, occuperont les deux places suivantes.

Dans l’Ouest, c’est une quasi-inconnue, eurodéputée sortante, conseillère municipale de Poitiers et proche de Ségolène Royal, Bernadette Vergnaud, qui sera à la tête de la liste du PS. Stephane Le Foll, ancien directeur de cabinet de François Hollande lorsqu’il était premier secrétaire, qui était pressenti pour conduire la liste, devra se contenter de la deuxième place. La bretonne Isabelle Thomas, proche de Benoît Hamon, sera numéro trois.

Dans le Nord-Ouest, la première secrétaire aura finalement réussi à imposer Gilles Pargneaux, 1er secrétaire du PS dans le Nord, comme tête de liste. De quoi faire grincer certaines dents… Suivent sur la liste deux autres proches de Martine Aubry, Estelle Grellier et Jean-Louis Cottigny, la normande Clotilde Valter, proche de Bertrand Delanoë prennant la quatrième place.

Dans l’Est, l’ancienne ministre de la culture et eurodéputée sortante Catherine Trautman sera tête de liste. L’économiste Liêm Hoang-Ngoc occupera la deuxième place. En numéro trois, on retrouve avec surprise la député proche de Ségolène Royal, Aurélie Filippetti. Martine Aubry avait fait du non cumul des mandats un impératif pour la cadidature aux européennes, cela semble facultatif pour les royaliste… A moins que Mme Filippetti quitte son poste de député dans le cas -très probable- où elle serait élue à Strasbourg, ce qui montrerait le peu de respect qu’elle a pour les électeurs de sa circonscription…

Dans le Sud-Est, c’est Vincent Peillon qui conduira la liste « contre sa volonté ». Le lieutenant de Ségolène Royal se serait bien vu dans le Nord, il est finalement parachuté dans le Sud-Est. La conseillère régionale de Rhône-Alpes Sylvie Guillaume et le royaliste Karim Zeribi, accompagneront Peillon sur la liste.

Dans le Sud-Ouest, le Delanoïste et eurodéputé sortant Kader Arif conduira la liste avec, pour les places suivantes, la proche de Benoït Hamon Françoise Castex et le royaliste Eric Audrieu.

Dans la circonscription Centre, le proche de Martine Aubry Henri Weber sera numéro un devant Cécile Jonathan et le maire d’Aurillac Alain Calmette.

Dans la circonscription Ultra-Marine enfin, c’est la réunionaise Ericka Bareigts qui conduira la liste, accompagnée du guadeloupéen Patrice Tyrolien.

Drapeau de l'Union Européenne

C’est le site Marianne2 qui nous l’apprend, la liste d’Europe-Écologie de la circonscription Nord-Ouest – menée par Hélène Flautre – aura comme numéro quatre Ali Rahni, porte parole d’une association musulmane radicale et grand admirateur du très controversé Tariq Ramadan. Porte parole du Collectif des musulmans de France, mouvement fondé en 1992, je cite, « à un moment où un nombre croissant de jeunes français éprouvait une grande soif de spiritualité, sans forcément trouver le cadre adéquat pour l’étancher », Rahni déclarait dans une interview au site oumma.com que Tariq Ramadan était « la référence intellectuelle majeure » du mouvement.

De quoi faire bondir les partisans de la laïcité chez les Verts, à moins qu’ils ne soient pas – ou plus – aussi nombreux qu’on ne le pense, tant leur parti semble jouer la carte du communautarisme, particulièrement dans le Nord.

Les candidats d'Europe-Écologie aux européennes de 2009

Après celles du MoDem et de l’UMP, voici les têtes de listes du rassemblement Europe-Écologie (rassemblant les Verts, les proches de Daniel Cohn-Bendit de José Bové et de Nicolas Hulot) pour les élections européennes de juin prochain.

Daniel Cohn-Bendit, adjoint au maire de Francfort-sur-le-Main en Allemagne, et député européen sortant conduira la liste de rassemblement en Île-de-France. Il aura en numéro deux l’ancienne juge du pôle financier Eva Joly, dont on avait pourtant envisager la candidature sous les couleurs du MoDem.

Dans le Sud-Ouest, c’est le leader paysan et candidat à la dernière présidentielle José Bové qui a été investi. Il aura comme numéro deux la Verte Catherine Grèze.

Dans la circonscription Nord, l’eurodéputée sortante, présidente de la sous-commission des droits humains au Parlement européenn, Hélène Flautre, sera associée à François Dufour, Vice-président d’ATTAC France et ancien porte-parole de la confédération paysanne.

Dans le Sud-Est, l’ancienne députée et actuelle adjointe au maire de Valence et vice-présidente du conseil général de la Drôme, Michèle Rivasi portera les couleurs d’Europe-Écologie avec l’adjoint au maire de Lyon Étienne Tête.

Pour la région Ouest, c’est l’ancien directeur des campagnes de Greenpeace France de 2002 à 2008, Yannick Jadot, qui a été choisit. En numéro deux sur sa liste, on retrouve l’ancienne adjointe Verte au maire de Rennes Nicole Kiil-Nielsen.

Dans la circonscription grand Est, Sandrine Bélier, ex-directrice fédérale de France Nature Environnement sera associée au sénateur maire Vert de Wattwiller, Jacques Muller.

Dans la région centre, on retrouve un proche de Nicolas Hulot, Jean-Paul Besset à la tête de la liste Europe-Écologie. Il fera équipe avec Guylaine Jeannot-Pages.

Dans la vaste circonscription Ultra-Marine enfin, c’est Ralida Dubois, adjointe au maire de la mairie de Saint-Paul de la Réunion qui sera tête de liste du rassemblement avec en numéro deux Harry Durimel, avocat et candidat au dernière municipales à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe).